Le capitalisme
est bien le seul système économique à avoir
enrichi la planète malgré toutes les
inégalités qu’il génère.
Cependant, il est nécessaire aujourd’hui que les
patrons repensent les règles de l’économie de
marché, avec discernement et équité devant
justement l’explosion de cette croissance.
Il faut partager
les richesses et ce, d’autant plus que les nouvelles
technologies et la mondialisation des échanges ont raccourci
les délais, le mode de fonctionnement et supprimé les
frontières.
Je suis
persuadée, que ce qui rend insupportable le gaspi de
certains, face à l’extrême pauvreté des
autres, c’est l’omniprésence de
l’étalage médiatique de ces différences,
les rendant de moins en moins acceptables. La nouvelle
révolution, si nous ne réagissons pas, consistera
à vouloir laminer « l’aristocratie des
patrons ».
Je pense que, de
la même façon les politiques se concertent à
l’échelle du monde, de même le patronat doit se
fixer un rendez-vous annuel sur l’éthique, avec des
débats regroupant l’ensemble des acteurs
économiques. Les instances patronales doivent être le
lieu où toutes les questions de société autour
de l’entreprise doivent être débattues, pour y
trouver des solutions. C’est pour cela que j’ai
décidé de lancer au printemps prochain en
collaboration avec EURO RSCG, un Colloque mondial autour de la
« nouvelle éthique du capitalisme »
car il est important que la communication et la pédagogie
soient les fers de lance d’une croissance harmonieuse et bien
comprise.
Il n’est
plus concevable aujourd’hui que certaines
rémunérations fassent la Une de la presse,
qu’elles placent la limitation ou non des salaires du Cac 40
dans les priorités politiques, pendant que le patronat
s’interdit d’en parler.
Conséquence : c’est la loi qui tente
d’apporter réponse au trouble de l’opinion du
fait que les patrons s’en exonèrent.
C’est pour
cela, que j’ai créé un « Conseil
Supérieur des Rémunérations » en
voulant défendre la nécessité pour les chefs
d’entreprises de trouver eux-mêmes des réponses.
Ce Conseil, composé des plus grandes instances patronales,
aura la charge de rédiger une Charte fixant les
règles de bonne conduite relatives aux
rémunérations patronales. Nous souhaitons ainsi
responsabiliser les dirigeants au regard de leur
salaire.
Il convient
maintenant de tracer des lignes de conduite, des chartes de bonne
conduite et des axes de concertation pour mettre en œuvre des
résolutions collectives et envisager des sanctions pour ceux
qui portent atteinte à l’éthique du capitalisme
par leurs comportements
irresponsables.
Sophie de Menthon